Autrefois, les Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) étaient mal connues et on en parlaient peu.
Aujourd’hui, nous savons comment les prévenir, les dépister et les traiter.
Cependant, après avoir plus que nettement diminué sans pour autant avoir disparu, grâce à la prévention et aux modifications de nos comportements sexuels face au VIH, les MST renaissent de leurs cendres.
Depuis 1998, on assiste à une recrudescence de certaines d’entres elles (notamment blennorragies et syphilis), ce qui signifie un relâchement de nos attitudes préventives. On « oublie » de plus en plus le préservatif.
Ces maladies, aux symptômes parfois discrets, concernent aussi bien les hommes que les femmes. La plupart guérissent rapidement avec un traitement adapté, certaines peuvent laisser des traces parfois graves. Il est donc primordial de les prévenir et de les traiter sans attendre.

Vous êtes très concerné(e) si :
- vous commencez une relation avec un nouveau partenaire : soyez vigilent(e) dès les débuts !
- vous avez plusieurs partenaires ou vous en avez eu plusieurs ces derniers mois.
- vous voulez avoir un enfant : faites des tests de dépistage de toutes les maladies.


I- Qu’est-ce qu’une Maladie Sexuellement Transmissibles (MST) ?

Quand on parle de MST, on pense immédiatement au Sida. Il occulte d’autres MST, insidieuses et aux conséquences importantes. Mais voyons-en plutôt une définition simple :
une MST est donc une maladie infectieuse qui se transmet lors d’un rapport sexuel, avec ou sans pénétration, avec un partenaire contaminé. Le virus se transmet par le vagin, l’anus, la bouche, l’urètre (canal qui conduit l’urine hors de la vessie), et le pénis.
Il existe différents responsables des MST : des virus (Sida, herpès génital, hépatite B, condylome), des bactéries (gonococcie, syphilis), des champignons (candidoses) ou des parasites (trichomonase).

Les MST concernent chacun d’entre nous : tout le monde peut, un jour, y être exposé. Certaines d’entre elles sont particulièrement fréquentes en France : l’herpès génital, les chlamydiases, les condylomes et l’hépatite B.


II- Quels sont les symptômes d’une MST ?

Pour les hommes comme pour les femmes, certaines MST (Sida, hépatite B) ne se manifestent pas par des signes génitaux. D’autres (herpès, condylomes, ou encore chlamydiases) peuvent présenter des symptômes génitaux parfois évidents, mais le plus souvent très discrets, voire inexistants.

l Soyez donc alerté aux premiers symptômes :
Chez la femme :
- des pertes vaginales importantes ou malodorantes,
- des démangeaisons de la vulve,
- des brûlures en urinant ou lors des rapports sexuels,
- des saignements en dehors des règles,
- des petites lésions ou des cloques douloureuses sur le sexe, l’anus, la bouche,
- des douleurs dans le bas du ventre,
- une angine avec de la fièvre,
- des verrues sur le sexe ou l’anus.

Chez l’homme :
- un écoulement à l’extrémité de la verge,
- des brûlures ou des difficultés en urinant,
- des démangeaisons sur les organes génitaux,
- des petites lésions ou des cloques douloureuses sur le sexe, l’anus, la bouche,
- des douleurs aux testicules,
- une angine avec de la fièvre,
- des verrues sur le sexe ou l’anus.

l Quand faut-il consulter un médecin ?
Il est indispensable de consulter un médecin au plus tôt, dès l’apparition du moindre symptôme.
L’examen clinique n’est pas douloureux et sera souvent suivi d’un examen sanguin et d’un prélèvement au niveau de la lésion ou des sécrétions pour rechercher le germe. Une fois le diagnostic établi, le médecin sera en mesure de vous prescrire un traitement efficace pour soigner la maladie, ralentir l’infection ou diminuer les effets gênants.
Il ne faut surtout jamais essayer de se soigner seul. Ne mettez ni crème, ni pommade, ni désinfectant local, ni antibiotiques sans avis médical.
Prévenez votre ou vos partenaires, même s’ils n’ont aucun signe et dites-leur d’aller consulter un médecin car :
- ils peuvent eux-mêmes être infectés ce qui, en ce cas, peut nuire à leur santé,
- vous risquez de vous réinfecter dès que vous serez guéri(e), si le (la) partenaire n’a pas été traité(e). en effet, pour être efficaces et éviter de jouer au ping-pong avec vos maladies, certains traitements doivent être pris en même temps par les deux partenaires.

Suivez le traitement jusqu’au bout. Respectez la dose et la durée prescrites. N’oubliez pas d’utiliser un préservatif lors des rapports sexuels durant le traitement et en dehors du traitement pour certaines MST (car certaines MST., comme l’herpès par exemple, sont récidivantes. Il peut y avoir des risques de contamination, sans symptômes, en dehors des poussées d’herpès).
Enfin, sachez que le fait d’avoir eu une MST ne vous immunisera pas contre cette dernière, on peut être recontaminé très vite (en particulier si le partenaire n’a pas été traité ou, si vous ne vous protégez pas).

l Qui consulter ?
Consultez les médecins que vous connaissez ou ceux avec qui vous êtes le plus à l’aise (médecins généralistes, gynécologues, ou pourquoi pas une infirmière scolaire). Vous pourrez en parler librement avec eux, c’est leur métier et ils sont tenus au secret professionnel. N’hésitez donc pas à leur poser toutes les questions qui vous préoccupent. N’oubliez pas qu’avoir une MST, ce n’est pas avoir une maladie honteuse.
Vous pouvez aussi consulter un médecin gratuitement pour ces questions de sexualité : dans les dispensaires antivénériens, les hôpitaux, les plannings familiaux ou encore les centres sociaux de votre ville.
Enfin, si vous doutez de vos comportements et que vous n’arrivez pas à en parler, il existe des services téléphoniques que vous pouvez appeler. Ils seront à même de vous écouter et de vous conseiller.

l Quels sont les risques si vous ne vous faites pas traiter ?
Il ne faut surtout pas croire qu’une MST peut guérir seule. Il faut la prendre au sérieux, même si les signes sont peu importants ou n’évoluent pas. Elle peut avoir des conséquences graves. En effet, si les signes disparaissent tout seul, ça ne veut pas dire que l’infection est éliminée : des maladies apparaissent, puis disparaissent, et reviennent, et disparaissent…et ainsi de suite…(l’herpès, la syphilis, l’hépatite par exemple). Si tout semble s’arranger sans que vous n’ayez rien fait, vous êtes peut-être encore contaminé et contagieux.
Plus vous tardez à vous faire soigner, plus vous risquez de contaminer votre (ou vos) partenaire(s). le risque de transmission existe le plus souvent dès les premières heures après la contamination. Pensez donc à vous protéger et à protéger votre (ou vos) partenaire(s).

ATTENTION :
Le fait d’avoir une MST multiplie par 100 le risque de contamination du virus du Sida (surtout si les MST présentent des signes au niveau génital). En effet, toute plaie au niveau des organes génitaux, si minime soit-elle, favorise la pénétration par voie sexuelle du VIH dans l’organisme. D’autre part, une MST qui survient chez une personne infectée par le VIH, connaît une évolution plus grave et un traitement plus difficile.
Si l’on a contracté une MST, le mieux est aussi de pratiquer un test de dépistage du VIH.


III- Comment prévenir les MST :

l La prévention des MST. passe tout d’abord par l’utilisation de préservatifs masculins ou féminins lors des rapports sexuels. En effet, une seule relation sans protection suffit pour attraper une MST.
Le gel est le complément indispensable du préservatif en cas de pénétration anale, afin d’éviter les ruptures (utiliser uniquement un lubrifiant à base d’eau).
Pour les relations entre la bouche et le sexe féminin ou les relations entre la bouche et l’anus, il est utile d’utiliser le « carré de latex » : il s’agit d’une feuille de film en latex, qui peut être remplacée par un préservatif coupé dans sa longueur, et qui permet d’avoir des relations bucco-génitales ou bucco-anales sans prendre de risques.
Les autres moyens relèvent d’un choix personnel :
- l’abstinence,
- la fidélité réciproque entre personne non contaminées…

Une bonne hygiène corporelle est également indispensable.
l Se laver les organes génitaux tous les jours à l’eau et au savon aide à éliminer les bactéries de surface qui peuvent causer une infection.
l Les organes génitaux doivent être séchés soigneusement après la toilette, car chaud et froid font le bonheur des microbes.
l Les femmes doivent éviter les douches vaginales qui irritent le vagin et affaiblissent ses défenses, ainsi que l’utilisation d’un déodorant vaginal : l’eau et le savon suffisent pour une hygiène intime externe.
l Les produits de toilette trop détergents peuvent irriter les organes génitaux et affaiblir vos défenses naturelles.
l Uriner après l’amour ne protège pas mais limite le risque de MST ; bien se laver après aussi.

ATTENTION :
La pilule contraceptive, le stérilet, les ovules, les crèmes spermicides, le diaphragme, le coït interrompu ne protègent pas des MST.


IV- Les principales Maladies Sexuellement Transmissibles :

Bien que le Sida ait occupé le devant de la scène ces deux dernières décennies, les autres MST sont encore là. Leur fréquence augmente même, surtout chez les moins de 30 ans. En effet, 85% des MST qui surviennent chez les femmes sont diagnostiquées chez les moins de 30 ans et notamment les 20-24 ans. Si les hommes des jeunes générations ont su, bien mieux que leurs aînés, recourir aux préservatifs pour prévenir la transmission du VIH, depuis 2 à 3 ans, la prévention dans ce domaine se relâche et des infections sexuellement transmissibles sont en recrudescence.
Les plus redoutables sont celles qui évoluent sans que l’on s’en aperçoive et qui peuvent être à l’origine de stérilité chez la femme. C’est le cas de le gonococcie qui, chez plus d’une femme sur deux, ne se manifeste par aucun symptôme. Chez les hommes, c’est ce qu’on appelle la « chaude pisse » (voir tableau récapitulatif). Autres maladies sournoises car discrètes, les infections à papillomavirus encore appelées condylomes. Importance de les détecter rapidement chez la femme pour les traiter car elles peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus.
Les chlamudiases sont aussi très discrètes chez 25% des femmes. Fréquentes chez les jeunes, elles peuvent s’étendre aux voies génitales hautes et provoquer des inflammations des trompes et aux voies urinaires. Non traitées, elles aussi peuvent avoir des conséquences graves sur la fécondité.
L’herpès génital concerne cinq millions de personnes en France. Elle atteint 3 fois plus souvent les hommes que les femmes.
Enfin, la trichomonase peut passer inaperçue chez environ une femme sur trois et davantage chez les hommes.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter :
Sida Info Service 0 800 840 800
Hépatites Info Service 0 800 845 800
Fil Santé Jeune 0 800 235 236
www.herpes.asso.fr
www.sante.gouv.fr
www.sero-zero.qc.ca

tableau récapitulatif des MST

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